Attention : cette séance se tiendra  à l'Université Paris 8

Organisation :
Aurélie Damamme, Cornelia Möser et Kira Ribeiro

Mel Y. Chen, Université de Berkeley Californie, États-Unis

Ute Kalender, École de santé publique de Berlin, CHU Charité, Allemagne

Ana Be, Université Liverpool Hope, Grande-Bretagne

Les interventions seront en anglais, accompagnées d’un dispositif de traduction. Le débat se fera en français et en anglais avec traduction consécutive.

 Qu’est-ce qu’un corps valide ? Qui prend soin de quels corps et comment ? De quel corps avons-nous besoin pour être autonome ? Y a-t-il des alternatives à la norme du sujet autonome ? Comment penser les limites internes et externes du corps, de sa chair, de sa plasticité, de sa technicité ?

Au sein des Disability Studies, initiées par des mouvements de personnes en situation de handicap, d’abord dans les pays anglo-saxons, des voix féministes se sont fait entendre pour interroger les normes d’autonomie que venait ré-imposer ce mouvement émancipateur. Les expériences de femmes en situation de handicap devenaient l’occasion d’interroger l’importance du rapport au corps dans sa pluralité d’expression pour rompre avec l’assignation à la figure de personne dépendante, sans corps. Emergeant de la rencontre entre théorie Queeret Disability Studies, la Crip Theory a, plus récemment, enjoint de penser les rapports de pouvoir inscrits dans la production conjointe du handicap et des vies queer. Les auteur·e·s de la Crip Theory – ou des Queer Disability Studies – ont travaillé la notion de validité obligatoire [compulsory able-bodiedness] avec comme projet, à la fois scientifique et politique, de montrer la fluidité et la porosité des catégories valide/non-valide, ainsi que les mécanismes politiques à l’œuvre dans leur co-construction. Il s’agit alors de déconstruire l’apparente naturalité de la validité pour l’inscrire comme, et dans, un rapport de pouvoir, et de l’articuler avec le concept d’hétérosexualité obligatoire.

En croisant différents contextes de recherche (États-Unis, France, Royaume-Uni, Allemagne), cette séance de « Limites Frontières » vise à créer un espace d’échange et de débat sur la définition des corps et sur  les normes de santé agissant dans les politiques et théories féministes, ainsi qu’à interroger le lien entre ces recherches et les perspectives du care. La première partie  de la séance sera l’occasion d’une discussion sur la circulation des pensées autour de la production des corps et des normes de validité ; la deuxième partie sera consacrée à la critique de la construction du sujet autonome et à la réflexion sur des modèles alternatifs de care qui valorisent de nouvelles formes d’organisation au-delà des prises en charge institutionnelles et familiales ou individualisées.

Université Paris 8 / 2 rue de la Liberté
93200 Saint-Denis Université : amphi D 002

Pour s'y rendre

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Contacts : kira.ribeiro@yahoo.fr
et adamamme@yahoo.fr

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