** trAnsmutineriE **

Fuckin' Trans Mutineer

31 mars 2009

Conférence avec Houria Bouteldja, porte parole du MIR (Mouvement des Indigènes de la République).

Qu’est-ce qu’ont en commun la crise des banlieues, le foulard islamique, la délinquance des mineurs, les retentissements hexagonaux des conflits au Moyen-Orient, les débats sur la mémoire et l’histoire à propos de l’esclavage ou du colonialisme ? En un sens, rien, les occasions sont différentes, voire très éloignées, les problèmes, sans commune mesure, les questions posées ne sont pas du même ordre. Pourtant, une même grille de lecture s’impose, qui organise la présentation des choses, scande le discours médiatique, structure les catégories intellectuelles en reconduisant sans cesse la même polarité : « eux » et « nous ». Entre réprobation et injonctions, les jeunes et moins jeunes issus des immigrations post-coloniales sont ainsi érigés en fauteurs de troubles, voire en ennemis, et convoqués afin de réassurer une identité nationale républicaine. Ce clivage invite ainsi à reposer la question : qu’est-ce qui fonde une communauté politique ?

Jeu 2 avr (19h-21h) Amphithéâtre 45 B, Université Paris 6-Pierre et Marie Curie, 4 place Jussieu, 75005 Paris
Joël Roman, philosophe, directeur de la collection « Pluriel » (Hachette Littératures). Discutante : Houria Bouteldja, porte parole du MIR (Mouvement des Indigènes de la République).

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30 mars 2009

LES 16 DE BASSE-POINTE - Film événement de Camille Mauduech


Le 6 septembre 1948, en Martinique, dans le cadre d'une grève sur une habitation sucrière, l'Habitation Leyritz, à Basse-Pointe, un géreur, blanc créole, est assassiné de 36 coups de coutelas et retrouvé mort dans un champ de cannes de la plantation qu'il administre. Après une chasse à l'homme, 16 coupeurs de cannes syndiqués sont arrêtés et maintenus en détention préventive pendant trois ans...en Août 1951, le procès de ceux qu'on appelle "les 16 de Basse-Pointe, renvoyé à Bordeaux, ancien port négrier, deviendra le premier procès du colonialisme français jugé devant ses pères.

Le meurtre de Guy de Fabrique reste aujourd'hui non élucidé et un secret vieux de presque 60 ans entoure cette affaire exemplaire dans l'histoire de la Martinique.

Que se passe-t-il le 6 septembre 1948, sur un chemin isolé, à l'abri de tous les regards ?

Comment en est-on arrivé à un tel degré de violence ?

Pourquoi ce meurtre et le procès qui en découle, une "victoire" contre le colonialisme, sont-ils passés sous silence ?

Bande annoce


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26 mars 2009

Réflexions sur la traite et l’esclavage des Nègres

Ottobah Cugoano
Avant-propos d’Elsa Dorlin

À la fois récit et essai philosophique, ces Réflexions furent le premier texte abolitionniste à être écrit au XVIIIe siècle de la main d’un ancien esclave africain. Publié en Angleterre en 1787, l’ouvrage de ce Rousseau noir est considéré outre-Atlantique comme un classique des « récits d’esclaves ». Méconnue en France, cette pièce essentielle de l’histoire de la conscience noire est enfin rendue disponible, rééditée ici pour la première fois depuis plus de deux cents ans dans une belle traduction originale du XVIIIe siècle. Cugoano raconte comment, jeune garçon, il fut enlevé sur les côtes de l’Afrique et déporté dans la colonie britannique de la Grenade. Il témoigne directement de la violence des razzias, des conditions terribles de la traversée, des traitements inhumains à bord des bateaux négriers et de l’enfer de l’exploitation sur les plantations. Au-delà du récit, Cugoano rédige un véritable acte d’accusation contre les nations esclavagistes : faute de s’insurger contre la traite et l’esclavage, tous les Européens sont complices de l’oppression des Africains déportés. Il signe ainsi au nom de l’Afrique exploitée un réquisitoire sans appel contre les cruautés de l’Europe coloniale, dont les accents de colère résonnent encore aujourd’hui d’un écho particulier. Autodidacte et lecteur scrupuleux de la Bible, Cugoano se propose en outre de réfuter les justifications de l’esclavage. En philosophe et exégète du texte sacré, l’ancien esclave démonte systématiquement chacun des arguments allégués pour justifier la domination de ses frères. Au-delà de l’indignation morale et de la condamnation politique, il entend triompher de l’oppression par la critique intellectuelle : retournant la langue du maître contre elle-même, réfutant la pratique des Européens par les principes mêmes dont ils se réclament.

Ottobah Cugoano, né dans l’actuel Ghana dans les années 1750 est mort en Angleterre vers 1801. Enlevé à l’âge de treize ans, il sert comme esclave à la Grenade avant d’être amené en Angleterre, où il est libéré. Baptisé sous le nom de John Stuart en 1773 et employé comme domestique du premier peintre du prince de Galles à compter de cette date, il se fait, par l’écriture, le porte-parole des esclaves africains.

Plus d'infos sur le site de ZONES

  


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27 février 2009

Moudjahidate

moudjahidate

Plus d'infos sur le film et cette projection : www.moudjahidate.com

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17 février 2009

La contre-révolution coloniale en France de De Gaulle à Sarkosy

Rencontre avec Sadri Khiari

samedi 21 février, à la librairie  "Résistances", 4 villa Compoint - Paris 17°

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"La contre-révolution coloniale en France de De Gaulle à Sarkosy" de Sadri Khiari

« Le racisme n’est pas un dysfonctionnement de la République, comme on a souvent tendance à le penser, mais son fonctionnement normal. La République est le Pouvoir blanc. »

Comme le Capital a produit les classes, le patriarcat les genres, le colonialisme a produit les races. Si le mot fait peur, se chuchote à peine, la chose, elle, n’en finit pas d’exister et de tisser les rapports sociaux. C’est elle qui cimente les discriminations à l’embauche, à l’avancement, au logement, dans l’accès aux loisirs ou aux instances médiatiques et politiques, dans les pratiques policières et judiciaires, etc.

« La preuve des races sociales, c’est qu’elles luttent ! »

Face à cette offensive massive contre tous ceux qui sont définitivement de l’autre côté de la barrière raciale et que la France s’acharne à combattre en particulier pour ce qu’ils sont censés avoir de particulier, Sadri Khiari nous donne à voir les luttes de résistance de ceux dont on tolère à peine l’existence quand on ne la nie pas complètement : des luttes des OS immigrés aux grèves des loyers dans les foyers Sonacotra, des luttes des sans-papiers à la solidarité avec la Palestine, des mobilisations contre les crimes racistes et les violences policières jusqu’aux révoltes des quartiers populaires, ils sont nombreux à défier les promesses non tenues de liberté, d’égalité et de fraternité.

Pouvoir blanc vs Puissance indigène

Derrière les défaites, les « récupérations », les protestations sans lendemain, les émeutes vite réprimées ou les divisions, Sadri Khiari nous révèle l’existence d’une véritable puissance politique, longtemps restée inidentifiable, parfois inconsciente d’elle-même mais bien réelle -tant, dans une logique d’opposition à la domination blanche, elle pèse dans les rapports de forces.

Sadri Khiari est l’un des fondateurs du MIR. Il est l’auteur de Tunisie, le délitement de la cité - Coercition, consentement, résistances (Karthala, 2003) et de Pour une politique de la racaille. Immigré-e-s, indigènes et jeunes de banlieue (Textuel, 2006).

Sources :

Montray Kréyol

Les indigènes de la République

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26 septembre 2007

Adame Ba Konaré met au défi Sarkozy !!

- Adame Ba Konaré, historienne et épouse de l’ancien président malien Alpha Oumar Konaré, a invité dimanche les historiens africains à participer à la rédaction d’un manuel d’histoire sur leur continent destiné à "mettre à niveau" les connaissances de Nicolas Sarkozy sur l’Afrique.

L’invitation, rendue publique lors d’une conférence de presse à Bamako, fait suite aux propos tenus par le chef de l’Etat français en juillet dans l’enceinte de la prestigieuse université Cheick Anta Diop à Dakar.

L’orateur, dont c’était la première visite en Afrique sub-saharienne depuis son élection en juin, y avait affirmé que l’Afrique était à la marge de l’Histoire, qu’elle était immobile, stationnaire.

"Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. Le paysan africain (...) ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles", avait affirmé le successeur de Jacques Chirac devant un parterre d’intellectuels sénégalais.

Pour Adame Ba, dont l’époux préside aujourd’hui la Commission de l’Union africaine, "ce sont des affirmations qui reposent sur des poncifs, sur les théories euclidiennes sur l’Afrique, sur l’imagerie coloniale, qui disaient que l’Afrique n’avait pas d’Histoire, qu’il fallait venir admirer l’enfance du monde en Afrique, que l’Africain était installé dans l’immobilisme et qu’il n’ y avait pas de dynamisme dans les sociétés africaines...".

L’historienne a expliqué que sa démarche, qu’elle a qualifiée de scientifique, consistait précisément à produire des connaissances censées s’opposer à des affirmations qui, selon elle, ne reposaient que sur des "pseudo-théories".

"Donc, l’objectif c’est d’inviter mes collègues historiens à produire chacun un article dans son domaine de compétence académique avant fin 2007. Lorsque tous les textes seront rassemblés, nous en ferons un recueil à paraître courant 2008.

"Et nous prendrons les mesures adéquates pour acheminer un exemplaire de cet ouvrage collectif vers le président Sarkozy et les autorités françaises, afin de les mettre à niveau de connaissance avec l’Histoire de l’Afrique", a ajouté l’universitaire.

De nombreux intellectuels africains avaient été choqués par le discours de Dakar du nouveau chef de l’Etat français, dont les thèses avaient été jugées par certains comme condescendantes et dépassées.

Source:http://www.indigenes-republique.org

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08 septembre 2007

La sale guerre de l’Europe contre les migrants du Sud.

Signez la pétition pour la LIBERATION DES 7 pêcheurs tunisiens d’AGRIGENTE !
Devant le tribunal d’Agrigente (Sicile) comparaissent depuis le 22 août sept pêcheurs tunisiens accusés d’avoir « favorisé l’immigration clandestine », délit réprimé par la loi italienne. Ils risquent jusqu’à 15 ans de prison. Poursuivis comme s’ils étaient des trafiquants, ces pêcheurs n’ont pourtant accompli que le plus élémentaire devoir de solidarité : le 8 août, au large de l’île de Lampedusa, ils ont porté assistance aux 44 passagers d’une embarcation de fortune en perdition et les ont acheminés jusqu’au rivage. Sans leur intervention, il est probable que les naufragés, parmi lesquels deux femmes enceintes et deux enfants, auraient connu le même sort que les milliers de migrants et exilés qui, depuis quelques années, ont péri en mer en tentant de rejoindre les côtes européennes.

Le procès d’Agrigente est un nouvel épisode de la guerre menée par l’Union européenne contre les migrants et les réfugiés. Après la militarisation de la côte andalouse, après les dramatiques événements de Ceuta et Melilla de 2005, au cours desquels plusieurs personnes ont trouvé la mort sous les balles de la police marocaine pour avoir tenté de franchir la frontière espagnole, après le verrouillage des côtes mauritanienne et sénégalaise pour empêcher la traversée vers les îles Canaries, après les camps de rétention où, comme en Libye, les droits des étrangers et des réfugiés sont bafoués, c’est aujourd’hui l’arme de la dissuasion qui est brandie.

En sanctionnant l’assistance à personne en danger, les autorités italiennes incitent les marins et les pêcheurs à violer le droit international de la mer qui prescrit de privilégier tant que faire se peut le sauvetage des navires en perdition. Mais ce n’est pas tout : en interdisant les opérations de secours, elles se rendent responsables, au mieux, du renvoi vers des pays où leurs droits ne sont pas respectés de personnes qui ont besoin de protection. Au pire, elles condamnent à mort des femmes, des hommes et des enfants qui n’ont commis d’autre faute que de chercher une existence meilleure, voire parfois d’essayer de sauver leur vie.

Laboratoire de la politique migratoire de l’UE, l’Italie, en 2005, expulsait par charters des centaines de migrants vers les geôles libyennes. Aujourd’hui, elle leur interdit l’accès à ses côtes, s’inscrivant dans la logique d’externalisation par l’Europe du contrôle de ses frontières dont l’agence européenne Frontex est l’instrument emblématique. Acteurs des sociétés civiles d’Afrique subsaharienne, d’Afrique du Nord et d’Europe, militants et démocrates du sud et du nord de la Méditerranée,

• nous demandons le renoncement à l’idéologie sécuritaire et répressive qui oriente aujourd’hui les politiques migratoires, par l’externalisation de l’asile et des contrôles aux frontières et la criminalisation des migrations,

• nous refusons que soit mis en place un « délit de solidarité » contre les défenseurs des droits humains,

• nous exigeons la relaxe des sept pêcheurs tunisiens des bateaux Mortadha et Mohammed el-Hedi.

le 1er septembre 2007

Premiers signataires : APDHA (Asociación Pro-Derechos Humanos de Andalucía, Espagne), ARCOM (Association des réfugiés et demandeurs d’asile congolais au Maroc), ASGI (Associazione Studi Giuridici sull’Immigrazione, Italie), ATFD (Association Tunisienne des femmes democrates), Conseil des Migrants Subsahariens au Maroc, CNLT (Conseil National pour les Libertés en Tunisie), Collectif des Réfugies au Maroc, CRLDHT (Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie), Défense des enfants International (Belgique), Fluechtlingsrat Hamburg (Conseil des Réfugiés, Hambourg, Allemagne), FTCR (Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des Deux Rives), GADEM (Groupe Antiraciste d’accompagnement et de Défense des Étrangers et Migrants au Maroc), GISTI (Groupe d’Information et de soutien des Immigrés, France), Intet menneske er illegalt (no-one is illegal, Danemark), IPAM (Initiative pour un autre monde, France), LDH Belgique, LTDH (Ligue tunisienne des droits de l’homme), réseau Migreurop, Services droit des jeunes de Belgique, Sindacato dei Lavoratori - intercategoriale (Italie) Liste complète ICI Pour signer l’appel : envoyer un mail à Claire Rodier (rodier@ras.eu.org)

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08 août 2007

Cessez de vouloir « sauver » l’Afrique !

À l’automne 2006, peu après mon retour du Nigeria, je fus interpellé par une blonde et guillerette étudiante dont les yeux bleus paraissaient assortis aux perles du bracelet « africain » qu’elle portait au poignet. « Sauvez le Darfour ! », criait-elle derrière une table couverte de brochures exhortant les étudiants à « agir tout de suite ! », à « arrêter le génocide au Darfour ! ». Mon aversion à l’égard de ces étudiants qui s’impliquent à corps perdu dans des causes à la mode faillit me faire tourner les talons, mais le cri qu’elle jeta ensuite m’immobilisa.

« Vous ne voulez donc pas nous aider à sauver l’Afrique ? », hurla-t-elle. Il semblerait que depuis quelque temps, rongé de culpabilité par la crise humanitaire qu’il a provoquée au Moyen-Orient, l’Occident se tourne vers l’Afrique pour y chercher la rédemption. Des étudiants idéalistes, des célébrités comme Bob Geldof et des politiciens comme Tony Blair se sont fixé pour mission d’apporter la lumière au continent noir. Ils arrivent en avion pour effectuer un internat ou participer à une mission d’enquête, ou encore pour adopter un enfant, un peu comme mes amis et moi, à New York, prenons le métro pour aller adopter un chien abandonné à la fourrière.

C’est la nouvelle image que veut se donner l’Occident : une génération sexy et politiquement active dont la méthode préférée pour faire passer son message est de publier de pleines pages de magazines avec des célébrités au premier plan et de pauvres Africains déshérités derrière. Et tant pis si bien souvent les stars dépêchées pour secourir les indigènes ont un air délibérément aussi émacié que ceux qu’elles veulent aider.

Mais ce qui est peut-être plus intéressant encore, c’est le langage employé pour décrire l’Afrique que l’on entend sauver. Par exemple, la campagne lancée par l’association Save the Children, intitulée I am African, présente des portraits de célébrités occidentales majoritairement blanches avec des « marques tribales » peintes sur le visage au-dessus du slogan « I am African » imprimé en grosses capitales. Dessous, en lettres plus petites, apparaît la phrase : « Aidez-nous à arrêter l’hécatombe. »

Même bien intentionnées, ces campagnes propagent le stéréotype d’une Afrique qui serait un trou noir de maladie et de mort. Articles et reportages ne cessent d’évoquer les dirigeants africains corrompus, les seigneurs de guerre, les conflits « tribaux », les enfants exploités, les femmes maltraitées et victimes de mutilation génitale. Ces descriptions apparaissent sous des titres tels que « Bono peut-il sauver l’Afrique ? » ou « Les Brangelina parviendront-ils à sauver l’Afrique ? » La relation entre l’Afrique et l’Occident n’est plus fondée sur des préjugés ouvertement racistes, mais de tels articles rappellent les beaux jours du colonialisme européen, quand on envoyait des missionnaires en Afrique pour nous apporter l’éducation, Jésus-Christ et la « civilisation ».

Tout Africain, moi compris, ne peut que se réjouir de l’aide que nous apporte le monde, mais cela ne nous empêche pas de nous demander si cette aide est vraiment sincère ou si elle est faite dans l’idée d’affirmer sa supériorité culturelle. Je ressens toujours un certain malaise lorsque, dans une soirée caritative, l’organisateur récite une litanie de désastres africains avant de faire monter sur scène une personne (généralement) riche et blanche qui s’empresse d’exposer ce qu’il ou elle a fait pour les pauvres Africains affamés.

Chaque fois qu’une étudiante pourtant sincère évoque les villageois qui ont dansé pour la remercier de son aide, je fais la grimace. Chaque fois qu’un réalisateur hollywoodien tourne un film sur l’Afrique dont le héros est occidental, je secoue la tête — parce que les Africains, alors que nous sommes des personnes bien réelles, ne font que servir de faire-valoir à l’image fantasmée qu’a l’Occident de lui-même. Et non seulement de telles descriptions ont tendance à ignorer le rôle parfois essentiel qu’a joué l’Occident dans la genèse de nombreuses situations déplorables dont souffre le continent, mais elles ignorent également le travail incroyable qu’ont accompli et que continuent à accomplir les Africains eux-mêmes pour résoudre ces problèmes.

Pourquoi les médias persistent-ils à dire que les pays africains se sont vu « accorder l’indépendance par leurs anciens maîtres coloniaux », et non qu’ils ont combattu et versé leur sang pour obtenir leur liberté ? Pourquoi Angelina Jolie et Bono bénéficient-ils de toute l’attention médiatique pour leur travail en Afrique alors que Nwankwo Kanu ou Dikembe Mutombo, tous deux africains, ne sont pratiquement jamais mentionnés ? Comment se fait-il que l’on s’intéresse plus aux bouffonneries de cow-boy auxquelles se livre un ancien diplomate américain de second rang au Soudan qu’aux nombreux pays africains qui y ont envoyé troupes et vivres et ont consacré d’interminables heures à négocier un règlement entre toutes les parties impliquées dans cette crise ?

Il y a deux ans, j’ai travaillé dans un camp de personnes déplacées au Nigeria, les survivants d’un soulèvement qui avait entraîné la mort de 1 000 personnes et le déplacement de 200 000 autres. Fidèles à leur habitude, les médias occidentaux parlèrent longuement des violences, mais pas du travail humanitaire que les autorités locales et nationales accomplirent - avec très peu d’aide internationale - en faveur des survivants. Des travailleurs sociaux ont consacré leur temps et, dans de nombreux cas, donné leur propre salaire afin de venir en aide à leurs compatriotes. Ce sont eux qui sauvent l’Afrique, et, de même que pour beaucoup d’autres à travers le continent, leur travail ne trouve aucun crédit à l’extérieur.

Le mois dernier, le groupe des huit pays les plus industrialisés s’est réuni en Allemagne avec une brochette de célébrités afin de discuter, entre autres sujets, de la façon de sauver l’Afrique. J’espère qu’avant le prochain sommet du G8 le monde aura enfin compris que l’Afrique ne veut pas être sauvée. L’Afrique veut que le monde reconnaisse qu’au travers de partenariats équitables avec d’autres membres de la communauté internationale elle sera elle-même capable d’une croissance sans précédent.

Par Uzodinma Iweala (écrivain nigérian.)

Traduit de l’anglais par Gilles Berton

Mouvement des indigénes de la république

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08 mai 2007

MANIFESTATION DU COLLECTIF DES INDIGENES DE LA REPUBLIQUE (idf)

LE RESULTAT DE LA PRESIDENTIELLE, NOUS LE CONNAISSONS…

Plus de discriminations raciales !
Plus de mépris !
Plus de misère et de répression !

La campagne du 1er tour et, plus encore, celle du second tour ont montré que nos préoccupations et nos exigences n’étaient pas prises en compte par les principaux candidats. Plus grave, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal n’ont pas hésité à brosser dans le sens du poil l’électorat raciste et nationaliste.

Que l’un ou l’autre soit élu(e), il y a tout lieu de craindre que, certes de manière plus ou moins brutale ou à des rythmes différents, les populations issues des anciennes colonies soient l’une des principales cibles de la politique gouvernementale.

Nous ne pourrons arrêter l’offensive qui s’annonce que par nos mobilisations. Nous n’obtiendrons la satisfaction de nos revendications que par la lutte. Nous ne pourrons organiser de mobilisations de grande ampleur que dans l’unité et l’autonomie en construisant un mouvement politique antiraciste et anticolonialiste.

CETTE DETERMINATION, NOUS DEVONS DES AUJOURD’HUI EN FAIRE LA PREUVE EN ETANT NOMBREUSES ET NOMBREUX A LA MANIFESTATION DES INDIGENES DE LA REPUBLIQUE

LE MARDI 8 MAI 2007, 15 H,  A BARBES, PARIS

indig_nes

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13 mars 2007

La réalité invisible (à leurs yeux) du privilège blanc

« Comment osez-vous parler de Blancs ? » s'offusquent bien souvent des personnes qui n'hésitent pas, par ailleurs, à parler de Noirs et d'Arabes (ou de manière euphémisée de « gens de couleur ») avant d'ajouter « c'est du racisme ! Les races n'existent pas ; nous sommes tous – grâce à la République – des êtres humains universels ! ». Les races, certes, comme phénomène biologique n'existent pas ; elles existent bien hélas comme phénomène social : les hiérarchies raciales engendrent des races sociales,
l'une dominante, les autres (...)

Lire la suite sur le site des indigenes de la republique.

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