19 décembre 2008
Ces jours sont les nôtres, aussi.
Le texte suivant a été distribué aujourd’hui aux étudiants encerclant
le siège de la police, par des gens de l’Association des Immigrés
Albanais.
Ces jours sont les nôtres, aussi.
Après l’assassinat d’Alexis Grigoropoulos, nous avons connu un état d’agitation sans précédent, une explosion de colère qui semble infinie. Il semble que ce soient les étudiants qui ont été à l’origine de ce soulèvement, qui avec une passion inépuisable et une chaleureuse spontanéité ont renversé la situation dans son ensemble. Vous ne pouvez pas arrêter quelque chose que vous ne contrôlez pas, quelque chose qui s’organise spontanément et dans des conditions que vous ne comprenez pas. C’est la beauté du soulèvement. Les élèves du secondaire font l’histoire et laissent à d’autres le soin de l’écrire et de la classer idéologiquement. Les rues, les objectifs, la passion leur appartiennent.
Dans le cadre de cette mobilisation élargie, derrière les manifestations étudiantes à l’avant-garde, il y a une participation massive de la deuxième génération d’immigrés et également de nombreux réfugiés. Les réfugiés viennent à la rue en petit nombre, avec peu d’organisation, mais de la spontanéité et de l’impétuosité. À l’heure actuelle, ils sont les plus actifs parmi les étrangers vivant en Grèce. Quoi qu’il en soit, ils ont très peu à perdre.
Les enfants d’immigrés se mobilisent en masse et dynamiquement, principalement au travers des actions de l’école secondaire et de l’université ainsi que via les organismes de gauche et d’extrême gauche. Ils sont la partie la mieux intégrée de la communauté immigrée, sa partie la plus courageuse. Ils sont différents de leurs parents, qui sont arrivés ici la tête basse, comme s’ils mendiaient un morceau de pain. Ils font partie de la société grecque, puisqu’ils n’ont jamais vécu ailleurs. Ils ne mendient rien, ils demandent l’égalité avec leurs camarades grecs. Égaux en droits, dans la rue, dans leurs rêves.
Pour nous, les immigrés organisés politiquement, il s’agit d’un second Novembre 2005 Français. Nous n’avons jamais eu l’illusion que lorsque les peuples se soulèveraient de rage, nous serions en mesure de les diriger d’aucune manière. Malgré les luttes que nous avons menées toutes ces années, nous n’avons jamais réussi à atteindre un tel niveau de réponse que celui d’aujourd’hui. Maintenant il est temps à la rue de parler: Le cri assourdissant que nous entendons est pour les 18 ans de violence, de répression, d’exploitation et d’humiliation. Ces jours sont les nôtres, aussi.
Ces journées sont pour les centaines d’immigrés et de réfugiés qui ont été assassinés aux frontières, dans les commissariats de police et sur les lieux de travail. Ils sont pour tous ceux qui ont été assassinés par les flics et les milices. Ils sont pour tous ceux qui ont été assassinés pour avoir osé franchir la frontière et travailler jusqu’à la mort, pour n’avoir pas baissé la tête, ou pour rien. Ils sont pour GRAMOZ PALOUSI, LOUAN MPERNTELIMA, ENTISON GIAXAI, TONI ONOUXA, AMNPTOURAKIM INTRIZ, MONTASER MOXAMENT ASTRAF et tant d’autres que nous n’avons pas oubliés.
Ces jours sont pour la violence policière quotidienne qui reste impunie et sans réponse. Ils sont pour les humiliations à la frontière et aux centres de détention d’immigrés, humiliations qui continuent à ce jour. Ils sont pour l’injustice criante des tribunaux grecs, pour les immigrés et les réfugiés injustement en prison, pour la justice nous est refusée. Même aujourd’hui, dans ces jours et ces nuits de révolte, les immigrés paient un lourd tribu aux attaques de l’extrême-droite et des flics, avec des peines d’emprisonnement et d’expulsion que les tribunaux distribuent avec un amour chrétien aux infidèles que nous sommes.
Ces jours sont pour l’exploitation continue et sans relâche depuis 18 ans maintenant. Ils sont pour les luttes qui n’ont pas été oubliées: dans les faubourgs de Volos, les travaux olympiques, la ville d’Amaliada. Ils sont pour la peine et le sang de nos parents, pour le travail non déclaré, pour les horaires de travail interminables. Ils sont pour les transferts financiers et les frais d’envoi, les contributions que nous versons à la communauté et qui ne sont jamais reconnues. Ils sont pour les papiers d’identité que nous chercherons pendant le reste de notre vie, tel un billet de loterie gagnant.
Ces jours sont pour le prix que nous devons payer pour simplement exister et respirer. Ils sont pour tous les moments où nous avons serré les dents face aux insultes, face aux reniements quotidiens. Ils sont pour tous les moments où nous n’avons pas réagi quand bien même nous avions les meilleurs raisons au monde de le faire. Ils sont pour toutes les fois où nous avons réagi et où nous nous sommes retrouvés seuls parce que nos morts et notre rage ne correspondaient pas aux formes existantes admises, n’apportaient pas de votes, n’étaient pas vendeurs au prime time de l’actualité.
Ces jours-ci appartiennent à tous les marginaux, aux exclus, aux personnes affligées de noms difficilement prononçables et d’histoires incompréhensibles. Ils appartiennent à tous ceux qui meurent chaque jour dans la mer Egée et le fleuve Evros, à tous ceux assassinés à la frontière ou dans une rue du coeur d’Athènes. Ils appartiennent à la communauté rom de Zefyri, aux toxicomanes d’Eksarhia. Ces jours-ci appartiennent aux enfants de la rue Mesollogiou , aux non intégrés, aux étudiants incontrôlable. Grâce à Alexis, ces jours-ci nous appartiennent à tous.
18 ans de rage silencieuse, c’est trop.
A nos rues, pour la solidarité et la dignité!
Nous n’avons pas oublié, nous n’oublierons pas - Ces jours-ci sont les vôtres aussi
Luan, Tony, Mohamed, Alexis …
Source :http://inmyheartshapedbox.blogspot.com/
ASSEMBLEE GENERALE DES TRAVAILLEURS DANS LES BATIMENTS LIBERES DE LA GSEE
L’assemblée générale des travailleurs insurgés
Mercredi 17 décembre à 18 heures
Nous déterminerons notre histoire nous même ou nous la laisserons être déterminée sans nous.
Nous, travailleurs manuels, employés, chômeurs , intérimaires et précaires, locaux ou migrants, ne sommes pas des téléspectateurs passifs. Depuis le meurtre d’Alexandros Grigoropoulos le samedi soir, nous participons aux manifestations, aux affrontement avec la police, aux occupations du centre ville comme des alentours. Nous avons dû maintes et maintes fois quitter le travail et nos obligations quotidiennes de prendre les rues avec les lycéens, les étudiants et les autres prolétaires dans la lutte.
NOUS AVONS DECIDE D’OCCUPER LE BATIMENT DE LA CONFEDERATON GENERALE DES TRAVAILLEURS EN GRECE (GSEE)
Pour le transformer en un espace de libre expression et un point de rendez-vous pour les travailleurs,
Pour dissiper les mythes encouragés par les médias sur l’absence des travailleurs des affrontements, que la rage de ces derniers jours ne serait que l’œuvre de quelques 500 « cagoulés » (koukoyloforon), « hooligans », ou d’autres histoires farfelues, alors que dans les journaux télévisés les travailleurs sont présentés comme des victimes de ces affrontements, et alors que la crise capitaliste en Grèce et dans le Monde mène à des licenciements innombrables que les médias et
leurs dirigeants considère comme un « phénomène naturel ».
Pour démasquer le rôle honteux de la bureaucratie syndicale dans le travail de sape contre l’insurrection, mais aussi d’une manière générale. La Confédération générale des travailleurs en Grèce (GSEE), et toute l’intégralité de la machinerie syndicale qui le soutient depuis des dizaines et des dizaines d’années, sape les luttes, négocie notre force de travail contre des miettes, perpétue le système d’exploitation et d’esclavage salarié. L’attitude de la GSEE mercredi
dernier parle d’elle même : la GSEE a annulé la manifestation des grévistes pourtant programmée, se rabattant précipitamment sur un bref rassemblement sur la place Syntagma, tout en s’assurant simultanément que les participants se disperseraient très vite, de peur qu’ils ne soient infectés par le virus de l’insurrection.
Pour ouvrir cet espace pour la première fois, comme une continuation de l’ouverture sociale créée par l’insurrection elle-même, espace qui a été construit avec notre contribution mais dont nous avons été jusqu’ici exclus. Pendant toute ces années nous avons confié notre destin à des sauveurs de toute nature, et nous avons finit par perdre notre dignité. Comme travailleurs, nous devons commencer à assumer nos responsabilités, et cesser de faire reposer nos espoirs dans des leaders « sages » ou des représentants « compétents ». Nous devons commencer à parler de notre propre voix, nous rencontrer, discuter, décider et agir par nous même. Contre les attaques généralisées que nous endurons. La création de collectifs de résistance « de base » est la seule solution.
Pour propager l’idée de l’auto-organisation et de la solidarité sur les lieux de travail, de la méthode des comités de luttes et des collectifs de base, abolir les bureaucraties syndicales.
Pendant toutes ces années nous avons gobé la misère, la résignation, la violence au travail. Nous nous sommes habitués à compter nos blessés et nos morts - les soit disant « accidents du travail ». Nous nous sommes habitués à ignoré que les migrants, nos frères de classe - étaient tués. Nous sommes fatigués de vivre avec l’anxiété de devoir assurer notre salaire, de pouvoir payer nos impôts et de se garantir une retraite qui maintenant ressemble à un rêve lointain.
De même que nous luttons pour ne pas abandonner nos vies dans les mains des patrons et des représentants syndicaux, de même nous n’abandonnerons pas les insurgés arrêtés dans les mains de l’Etat et des mécanismes juridiques.
LIBERATION IMMEDIATE DES DETENUS
RETRAIT DES CHARGES CONTRE LES INTERPELLES
AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS
GERVE GENERALE
Source : http://emeutes.wordpress.com/
18 décembre 2008
Les lycéens sont-ils vraiment plus violents qu'avant ?
Médias et politiques parlent d'une radicalisation récente. Un discours constant depuis, au moins, 1968. La preuve par l'image.
Du contre-sommet de Vichy [2] aux occupations de lycées contre la réforme Darcos en passant par le soutien aux jeunes Grecs [3] insurgés, les médias ont largement relaté, ces dernières semaines, la mobilisation des jeunes en France.
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La jeunesse serait ainsi "de plus en plus violente" ou "en pleine radicalisation". La preuve: les arrestations de jeunes qualifiés d'"autonomes" [4] par le ministère de l'Intérieur n'ont jamais été aussi nombreuses, comme les interpellations de très jeunes militants pour les sans-papiers ou pour le droit au logement (certains cumulant les deux casquettes).
Autre illustration de cette radicalisation supposée: certaines villes où l'extrême-gauche est réputée avoir prise, comme par exemple dans l'Ouest, sont parties au quart de tour, ces dernières semaines, pour faire front contre Xavier Darcos.
Certes, le recul du ministre [5] sur sa réforme du lycée, lundi, n'a pas calmé les ardeurs contestataires: si l'on en croit mots d'ordre et préavis de grève, la mobilisation du jeudi 18 décembre reste maintenue. Pour autant, si l'on fouille dans les soutes de l'INA [6], on constate que le discours n'a pas vraiment changé: depuis au moins quarante ans, médias et classe politique n'ont eu de cesse de relayer cette fameuse "nouvelle radicalité" de la jeunesse.
Dès mai 1968, les dégâts causés par les manifestations font la Une
Plus radicaux, donc, les lycéens? Pas si sûr. Ainsi, de 1968, on peut retenir ce passage, vu par Marguerite Duras. (Voir la vidéo)
Ou bien celui-là, qui n'a pas grand chose à envier à la présentation actuelle des manifestations. (Voir la vidéo)
Bien avant le CPE... Malek Oussékine
Alors pourquoi police et médias continuent-ils de dire que la contestation se radicalise chez les jeunes? Côté RG, on affirme que c'est à compter de 2006 et de la bataille contre le CPE (Contrat première embauche [7]) que le mouvement se radicalise. A leurs yeux, deux critères principaux:
- Voir débouler dans Paris des jeunes des cités réputés avoir inspiré, du haut des émeutes de l'autonome précédent, pas mal de jeunes autonomes
- Constater que les organisations qui appellent à défiler se font déborder
En images, voilà ce que ça donne, par exemple, au journal télévisé du 23 mars 2006, date à laquelle on a répertorié plus de 450 interpellations en marge des manifs. (Voir la vidéo mais attention, c'est l'intégralité du JT, il faut aller directement à la fin du premier tiers.)
Mais ces heurts, bien réels, au moment du CPE ne sont, loin s'en faut, pas sans précédents, contrairement à ce que l'on a pu en dire. Vingt ans plus tôt, la fronde contre la loi Devaquet avait déjà produit violences et débordements. Déjà aux abords des Invalides. Cette année-là, la chasse aux "casseurs" s'était soldée par la mort d'un étudiant: Malek Oussékine. (Voir la vidéo)
On entend aujourd'hui dire que les manifestations de Brest [8] et d'ailleurs contre la réforme Darcos dégénèrent comme jamais du fait de l'infiltration de la "mouvance anarcho-autonome".
Chez les RG, on estime ainsi que ces militants non affiliés tentés par une violence extrême sont de plus en plus jeunes et en voie de régénération. Pourtant, en 1976 déjà, un certain Julien Dray, chevelu, était déjà outré d'avoir été débordé par ce que l'on appelait alors les "éléments incontrôlés". (Voir la vidéo)
Liens:
[1] http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php
[2] http://www.rue89.com/2008/11/03/le-contre-sommet-de-vichy-tiraille-entre-autonomes-et-partis
[3] http://www.rue89.com/2008/12/13/soutien-agite-aux-jeunes-grecs-sur-les-champs-elysees
[4] http://www.rue89.com/2008/12/03/autonomes-et-sabotages-retour-sur-une-enquete-tres-mediatique
[5] http://www.rue89.com/2008/12/15/reforme-du-lycee-darcos-a-cede-quoi-quil-en-ait-dit
[6] http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php
[7] http://fr.wikipedia.org/wiki/Contrat_première_embauche
[8] http://www.rue89.com/2008/12/11/la-france-peut-elle-sembraser-comme-la-grece
"Pas de photos. Maintenant, c'est comme ça"
Lors d'une manifestation lycéenne place Bellecour à Lyon, mardi vers 17h30, des policiers ont empêché deux photographes de l'AFP de faire leur travail. L'un d'eux, Jean-Philippe Ksiazek, raconte à Rue89 comment les hommes en bleu lui ont "arraché" son appareil avant d'en effacer toutes les photos.

(De Lyon) Les lycéens n'étaient pas très nombreux, une cinquantaine, et bloquaient l'un des côtés de la place. Il y avait une dizaine de camions de CRS, et nous étions cinq photographes: trois indépendants et deux de l'AFP, mon collègue Fred Dufour et moi, venus du bureau de l'agence qui se trouve juste à côté. Nous avions notre brassard de presse.
Des policiers sont venus vers nous et nous ont dit: "Pas de photos." J'ai répondu que j'avais une carte de presse, que je faisais mon travail:
"- Aujourd'hui, c'est interdit de faire des photos.
- Pourquoi aujourd'hui?
- Parce que maintenant, c'est comme ça."
Apparemment, c'est pour des raisons de droit à l'image des policiers. Ensuite, les CRS ont repoussé les jeunes de la chaussée, très proprement, en procédant à deux ou trois arrestations.
Ils ont essayé de nous empêcher de photographier. Ils ont bloqué Fred sur un mur, avec une matraque dans le cou et une sur la poitrine, en lui disant: "Toi, tu travailles pas."
Moi j'ai réussi à faire quelques photos. Juste après, deux CRS et un policier coiffé d'un képi m'ont embarqué en me faisant une clé de bras:
- Maintenant, tu effaces toutes tes photos.
- Non, il n'y a pas de raison que je fasse ça. Je suis journaliste, j'ai ma carte de presse, je travaille."
Ils voulaient m'emmener au poste, comme si j'avais braqué une banque. Puis, pendant que deux policiers me tenaient, le troisième a arraché mon appareil, qui était en bandoulière autour de mon cou.
Ensuite, ils ont effacé toutes les photos, d'un seul coup, ce qui me laisse supposer qu'ils ont eu une formation pour ça. Il y avait environ 150 photos, d'un blocage de lycée le matin, et de la manifestation de l'après-midi. Ensuite ils m'ont dit: "Voilà, vous pouvez rentrer chez vous."
Heureusement, comme les photos, même effacées, laissent des traces dans la mémoire de l'appareil, on a pu les récupérer. Elles ont été diffusées.
Le chef du bureau de l'AFP à Lyon a protesté auprès des autorités, et on lui a répondu: "Envoyez un courrier."
Il y a une nouvelle manifestation lycéenne jeudi à Lyon, on verra comment ça se passe.
Photo: Jean-Philippe Ksiazek appréhendé par les policiers, mardi à Lyon (DR)
► Les syndicats de journalistes protestent contre cette censure [1]
10 décembre 2008
Appel à la mobilisation
Ce matin une manifestation a eu lieu devant le consulat de Grèce à
Paris qui est resté fermé (il a été annoncé que le consulat comme
l'ambassade de Grèce n'allait pas ouvrir ses portes dans tous les pays
de l'U.N.). L'enterrement du jeune a eu lieu cet après-midi. La
situation dans le pays est explosive (il y a demain une grève générale
de 24 heures).
Photo rassemblement
L'appel sort d’une initiative d'étudiants et travailleurs grecs.
*Appel à la mobilisation suite à la mort d’un jeune de 15 ans en Grèce*
Le
samedi 06/12 vers 21 :00 au centre d’Athènes un policier tire trois
fois et tue un élève de 15 ans. Malgré les allégations initiales du
policier la vérité est maintenant claire. Tout commence par une
querelle entre un groupe d’élèves et deux policiers, qui se trouvent
dans une voiture de patrouille. Les policiers partent puis reviennent à
pied et provoquent les jeunes avec des gestes et des insultes. Alors
que trois des jeunes s’approchent, un des policiers sort son arme et
tire trois fois. Le jeune élève est mortellement blessé. Les personnes
présentes sur les lieux crient à l’aide tandis que les policiers
indifférents, partent.
Dans les média français et internationaux
plusieurs versions des faits ont été présentées. Cependant, deux jours
après les faits, les médias continuent à présenter la version initiale
de la police. Rien ne concourt à cette version : la voiture de
patrouille a été retrouvée intacte ce qui contredit l’allégation des
policiers d’avoir été attaqués par un groupe, alors qu’ils se
trouvaient dans leur voiture. De plus, dans l’attente de l’examen
médico-légal, le policier a avoué avoir tiré sur le jeune garçon.
Enfin, les témoignages ainsi que des vidéos tirés au moment des faits
prouvent bien qu’il a tiré de sang froid.
Alexandros Andreas
Grigoropoulos était sorti ce samedi soir pour s’amuser avec des amis
dans le quartier d’Exarcheia, situé au centre d’Athènes. Il s’agit d’un
quartier qui historiquement a exprimé la résistance de la jeunesse et
des mouvements sociaux. Mais c’est aussi dans ce quartier que se
condense de la meilleure manière la violence de la police et de l’État,
évidente non seulement dans les mouvements qui ont éclaté ces dernières
années mais aussi dans la vie quotidienne.
Nous ne considérons
pas que l’assassinat d’Alexandros constitue un incident isolé de
violence et de démonstration de pouvoir de la police mais vient montrer
clairement la réaction face à n’importe quelle forme de résistance. En
effet, cette période est en Grèce une période d’exacerbation des
mouvements sociaux. Les travailleurs luttent depuis plus d’un an,
contre les réformes de la sécurité sociale et contre une série
d’attaques à leurs droits et leurs salaires. Les étudiants et les
élèves occupent leurs facultés et leurs écoles depuis trois ans et
luttent contre la réforme du système éducatif et du processus de
Bologne, contre le dédain de leurs diplômes et défendent leur droit au
travail. Les immigrés malgré les humiliations et les violences subies
au quotidien luttent pour le droit de vivre dans la dignité. Les
prisonniers se trouvent quant à eux au deuxième mois de grève de la
faim, revendiquant des conditions d’incarcération humaines.
Parallèlement à l’essor des mouvements sociaux le gouvernement est
fragilisé par des scandales successifs. Dans ce cadre là, l’assassinat
d’Alexandros découle des choix politiques du gouvernement et d’un
climat à l’encontre de celles et ceux qui résistent.
Cet acte
n’est pas l’acte isolé d’un policier psychopathe mais fait partie d’une
politique de répression exercée par la police dans le but d’encadrer
les politiques de l’État qui sont contestés par une grande partie de la
société. Malgré les efforts du gouvernement pour apaiser les esprits,
plus de 10.000 personnes se trouvent dans la rue actuellement. Le
sentiment d’injustice et d’indignation ressenti par l’assassinat d’un
jeune garçon a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase face aux
abus des forces de l’ordre agissant de manière répressive et très
souvent dans l’impunité. Mais ce mouvement n’est pas une simple
réaction isolée de jeunes mais au contraire, une réaction ferme d’une
grande partie de la population qui va se poursuivre par une grève
générale et des manifestations étudiantes le mercredi 10/12 dans toute
la Grèce.
L’assassinat du jeune Alexandros et la violence
policière et étatique ne concerne pas uniquement les Grecs. Cet
assassinat aurait pu avoir lieu dans n’importe quel pays de l’Europe.
Des cas de violences policières ont déjà eu lieu dans d’autres pays
européens. Parallèlement les mouvements des travailleurs et de la
jeunesse se fortifient en Grèce et dans tous les pays européens. Pour
honorer la mémoire du jeune Alexandros nous devons continuer de lutter.
--
Source : m u l t i t u d e s - i n f o s
Liste transnationale des lecteurs de "Multitudes"
19 juillet 2008
Après l'ADN des étrangers, le gouvernement va ficher les militants.
Trente-trois
organisations réunies au sein du Collectif "Non à EDVIGE" se sont
réunies mercredi 16 juillet, pour dénoncer le décret du 27 juin 2008
créant le fichier EDVIGE (Exploitation Documentaire et Valorisation de
l'Information Générale). Ce décret, signé dans la plus grande
discrétion, mérite cependant la plus grande publicité. Car il remet en
cause frontalement les droits et les libertés publiques et
individuelles et permet le fichage des mineurs.
Pour en savoir plus.




